• stsebastianfrgerma

Pourquoi célébrons-nous la Messe ?


Pourquoi célébrons-nous la Messe ?

Pour la fête de la Pentecôte je me suis dit que cet article pouvait nous aider à comprendre l’action de l’Esprit Saint dans l’Eucharistie, dans le monde et dans notre cœur.

L’article peut aussi nous permettre de comprendre l’importance pour l’Église de continuer à célébrer la l’Eucharistie dans des circonstances qui empêchent les chrétiens de se rassembler.

L’article a été écrit par un jeune prêtre du diocèse de Bordeaux (France) et il m’a autorisé à la traduire en espagnol et en anglais pour le publier ici.

Bonne lecture, Bonne Fête de la Pentecôte et Bonne Semaine.

P. Germán le 31 mai 2020


https://www.paroissesdesjalles.fr/infos-et-evenements/les-editos/450-pour-la-gloire-de-dieu-et-le-salut-du-monde/


« Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

Depuis que le gouvernement a dévoilé son plan de déconfinement, le débat va bon train. Alors que la vie économique et sociale redémarre, les célébrations dans les édifices religieux, même en comité très restreint, restent interdites. Pourquoi cette différence de traitement ? Le débat est complexe et il faut se garder de positions caricaturales et agressives ; la tâche n’est aisée pour personne en ce moment et il est essentiel de rester humbles et constructifs. Gardons-nous surtout d’instrumentaliser la liturgie dans une lutte politicienne ou idéologique. Cependant, il me semble que nos évêques sont en droit de questionner la logique, calculée ou non, consciente ou non, qui préside de tels choix : le déconfinement serait légitime pour relancer la production et la consommation mais pas pour prier ensemble ?

Quoi qu’il en soit du débat et de la légitime diversité des opinions, je crois qu’il y a là une occasion à saisir pour nous interroger, nous catholiques, sur le sens de cette eucharistie dont nous sommes privés depuis deux mois et à laquelle nous aspirons. Car bien souvent, y compris parmi les pratiquants réguliers, la communion eucharistique reste envisagée comme un acte assez individuel : « j’ai faim donc je viens me rassasier ». Cette approche reste bien trop égocentrique pour être évangélique.

Et l’on comprend que, vu sous cet angle, des catholiques aient des scrupules à revendiquer le droit de célébrer la messe en temps de pandémie. On comprend qu’ils puissent se dire : « je peux bien me priver encore un peu », puisque ce n’est que leur faim qu’ils prennent en considération. Si nous venons à la messe comme on vient chercher sa dose de vitamine spirituelle, si nous venons uniquement parce que nous en avons besoin, si nous restons centrés sur notre faim, alors ne nous étonnons pas que nos revendications soient perçues comme un caprice égoïste. Voilà un point sur lequel nous avons probablement à grandir.

Car le mystère de l’eucharistie, ce n’est pas ça ! On ne communie pas d’abord pour soi-même. On communie pour les autres ! Rappelons-nous que le sacrifice de l’eucharistie est toujours offert « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Nous disons ces mots au début de chaque prière eucharistique.

Pour le salut du monde ! Pas pour le salut de quelques-uns qui sont réunis dans l’église à ce moment-là. Nous ne célébrons pas d’abord l’eucharistie parce que nous en avons besoin, nous célébrons l’eucharistie parce que nous croyons que le monde en a besoin ; parce que nous croyons que dans ce geste, se joue le salut du monde ! Nous célébrons l’eucharistie aussi pour l’infirmière épuisée à la fin de sa journée, pour le chercheur qui se débat pour trouver un remède, pour l’agriculteur qui continue son travail afin que chacun puisse se nourrir… C’est dans cette ouverture à toute personne humaine et même à toute la création que la messe est vraiment « catholique ».

Mais pourquoi venez-vous à la messe ? Pourquoi avons-nous faim de communier si ce n’est par amour pour notre humanité ? Vous percevez à quel point cette question ouvre nos cœurs et nos regards ? Lorsque nous communions, nous ne venons pas saisir Jésus pour nous ; mais c’est Lui qui vient se saisir de nous, pour faire de nous les membres de son corps dans le monde, les membres de son corps pour le monde. Célébrer l’eucharistie, c’est porter vers Dieu tous les soucis du monde : porter ceux qui meurent à l’hôpital, ceux qui vont perdre leur travail, les familles qui se désunissent et les migrants qui fuient leur terre, …

Bien sûr, dans la lutte contre le mal sous toutes ses formes, il est essentiel de déployer tous nos efforts humains : efforts médicaux, scientifiques, politiques, industriels. Bien sûr il est essentiel de chercher des solutions pour aider les personnes qui vont tomber dans la précarité et nous essayons de le faire dans nos paroisses, à notre mesure. Cela, ce sont nos armes visibles, nos armes humaines. Mais nous autres chrétiens, nous croyons qu’il existe une autre arme dont nous aurions bien tort de nous priver : une arme invisible, une arme spirituelle. Nous croyons qu’en communiant, nous posons un geste qui nous dépasse infiniment ; un geste qui porte en lui le salut du monde. Depuis bientôt 2 mois avec Eloi et Alain, nous continuons à célébrer la messe chaque jour. Mais ce n’est pas seulement pour nous trois que nous célébrons. Ce n’est même pas seulement pour vous qui suivez la messe sur YouTube. Mais je le crois, c’est « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » !


C’est dans cet esprit que je vous propose, à partir du 12 mai, dans le strict respect des règles de déconfinement, de venir célébrer l’eucharistie chez vous. Je vous invite à vous rassembler, dans la limite de 10 personnes, en invitant des paroissiens voisins ou en fraternités de quartier pour célébrer la messe dans vos maisons. Il ne s’agit absolument pas de nous recroqueviller sur nous, de nous retrouver entre nous, dans notre cocon catholique pour célébrer « notre » messe. Mais au contraire, il s’agit de prendre notre part dans ce combat, d’assumer la mission qui est la nôtre et la place qui nous a été assignée par notre baptême : célébrer la mort et la résurrection de Jésus qui sauve le monde ! Accueillir le Christ au cœur de nos vies et de nos foyers, le Christ qui vient jusqu’à nous, s’assoir à notre table pour vous ouvrir à toute personne humaine et nous envoyer comme les membres de son corps ressuscité. Si nous voulons célébrer l’eucharistie, ce n’est pas parce que nous en avons besoin, c’est parce que nous croyons que le monde en a besoin. Vous me direz : « 10 personnes, c’est bien peu de monde ». Rassurez-vous, le jour de la Pentecôte, ils n’étaient pas beaucoup plus nombreux dans la chambre haute… Et l’on connaît la suite de l’histoire... »

P. Pierre Alain LEJEUNE!



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