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LE RAPPORT SAUVÉ

Message du P. Germán

LE RAPPORT SAUVÉ

LES ABUS SEXUELS DANS L’ÉGLISE DE FRANCE


L’Église et toute la société de France ont été profondément bouleversées par les résultats du rapport (pour lire le rapport cliquez ici) présenté le mardi 5 octobre 2021 (pour voir la présentation du rapport en YouTube cliquez ici) par la CIASE (Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église) sur les abus commis par le clergé, par des religieux/religieuses ou par des personnes travaillant dans l’Église.

Les 12 hommes et 10 femmes membres de la commission ont des compétences très variées : en droit (pénal, canonique et de la protection de l’enfance), en psychiatrie, en psychanalyse, en médecine et dans la santé, dans l’éducation et le travail social, dans l’histoire et dans la sociologie et enfin dans la théologie. La commission est composée de personnes dont les opinions philosophiques et religieuses sont diverses : elle compte des croyants de différentes confessions ainsi que des incroyants, agnostiques ou athées.

La Commission indépendante a été créée à l’initiative de l’Église catholique en France avec quatre missions : 1/ faire la lumière sur les violences sexuelles en son sein depuis 1950 ; 2/ examiner comment ces affaires ont été ou non traitées ; 3/ évaluer les mesures prises par l’Église pour faire face à ce fléau ; 4/ faire toute recommandation utile.

La commission a travaillé depuis le 8 février 2019 jusqu’au 5 octobre 2021. Elle a étudié la période entre 1950 et 2000.

Les deux mandants, CEF (Conférence des Évêques de France) et la CORREF (Conférence des religieux et des religieuses de France), ont alloué, sans droit de regard sur leur bienfondé mais seulement sur leur régularité et leur exactitude, les moyens financiers de la commission nécessaires à l’accomplissement de sa mission. L’essentiel des dépenses a concerné les travaux des établissements de recherche et ceux liés à l’appel à témoignages, pour un coût estimé à fin 2021 de 2,6 millions d’euros. Il convient de noter que le poste relatif aux charges de personnel a été très contenu, dans la mesure où le président, les membres, y compris les chercheurs dans leur fonction de direction d’études, les membres associés, certains rapporteurs et la secrétaire générale étaient bénévoles. Leur engagement est estimé à 26.000 heures au total, représentant un équivalent de 1,2 million. Le coût complet des travaux de la CIASE, en additionnant le coût financier pour ses mandants et la valorisation du bénévolat de tous ceux qui ont œuvré pour la commission peut donc être évalué à 3,8 millions d’euros.

Le travail fut énorme.

6.471 contacts, 3.652 entretiens téléphoniques, 2.459 courriels et 360 courriers. 1.628 questionnaires ont été complétés, ce qui a permis d’organiser 69 entretiens de recherche. 28.010 personnes âgées de plus de 18 ans ont participé.

La commission a eu accès aux archives de l’Église de France, au niveau central comme dans 31 diocèses et 15 instituts. Aussi bien des archives historiques, courantes ou « secrètes ». Seuls deux refus, l’un émanant d’un diocèse et l’autre d’un institut, sont à déplorer. Elle a consulté aussi les archives publiques, des ministères de la Justice et de l’Intérieur (police judiciaire) et de la Gendarmerie nationale

Le nombre des victimes mineures de clercs, religieux et religieuses dans la population française est estimé à environ 216.000. L’Église catholique est, hormis les cercles familiaux et amicaux, le milieu où la prévalence des violences sexuelles est la plus élevée.

La Commission dresse une liste de 44 recommandations qu’elle pense nécessaires pour venir en aide aux victimes et pour faire disparaître cette tragédie de notre société.

Après ces révélations, les réactions ont été multiples et diverses. En général on sent un grand respect pour l’Église Catholique qui a eu le courage de regarder en face et de chercher à faire la lumière sur cette terrible réalité. Nous sommes à un moment où les mentalités doivent changer. Plus jamais le silence. Ni dans l’Église, ni dans les autres institutions où ce drame s’est produit, ni dans les familles, ni dans les groupes d’amis où la quantité d’abus est encore méconnue.

Les victimes des abus sexuels ou des abus de pouvoir ne doivent plus continuer à souffrir dans le silence. Toute victime a le droit et le devoir de parler, d’être écoutée, d’être accompagnée et de recevoir réparation, si cela est possible.

Les victimes, les enfants, les adolescents et les personnes vulnérables doivent être mieux protégées, dans l’Église et dans la société en général.

Plusieurs recommandations de la Commission parlent de profonds changements que l’Église doit entreprendre.

La majorité de la hiérarchie, des fidèles et des observateurs extérieurs l’Église sont convaincus du besoin de changements dans la théologie, dans le droit canonique, dans la pastorale, dans la participation des femmes et dans l’exercice de l’autorité, dans la formation de prêtres, de religieux/religieuses, dans les discours et dans l’administration de l’Église.

Nous savons que le Pape émérite Benoit XVI a démissionné parce qu’il s’est rendu compte de l’urgence d’une réforme qu’Il ne se sentait capable d’initier à cause de son âge, de sa santé fragile et de son tempérament. Il est bien connu que depuis le début de son pontificat, le Pape François parle de profondes réformes que l’Église doit réaliser pour continuer à être crédible et à porter le beau message dont elle est dépositaire, à toutes les personnes de bonne volonté.

Ce rapport arrive juste au moment où l’Église commence un Synode sur la Synodalité. Le Pape François désire que tous les baptisés et toutes les personnes de bonne volonté réfléchissent et participent dans une consultation universelle pour que l’Église puisse prendre des décisions qui lui permettent de devenir ce qu’Elle doit être, « une Mère pleine de Miséricorde et de compassion, un défenseur de la dignité humaine et une maison dans laquelle tous puissent rencontrer Dieu en toute liberté, respect et sécurité ».

Je crois que nous les baptisés, nous voulons une Église qui accompagne et non pas une Église qui juge et qui condamne, une Église qui accueille sans discrimination et non pas une Église qui refuse les sacrements ou sa parole aux gens qui ne sont pas en accord avec ses discours. Nous voulons une Église ouverte et non pas une Église avec des frontières. Nous voulons une Église qui reconnaît ses erreurs et qui cherche à devenir meilleure et non pas une Église qui se croit parfaite. Nous voulons une Église qui écoute, une Église qui ait le courage de dénoncer les injustices et de s’engager dans la lutte pour la protection de la création. Une Église qui travaille pour que la pauvreté, le racisme et toutes les discriminations disparaissent de notre monde. Nous voulons une Église qui soit un exemple de fraternité universelle. Nous voulons l’Église de Jésus et cette Église peut exister si l’Évangile est présent dans le cœur de tous.

Si nous suivons ce chemin nous arriverons surement à obtenir l’unité de l’Église que nous cherchons depuis longtemps.

Aujourd’hui nous regardons le passé avec honte, tristesse et nous sommes révoltés par ce qui s’est passé et par la souffrance de tant de personnes innocentes.

Aujourd’hui nous regardons l’avenir avec confiance parce que nous sommes convaincus que les erreurs du passé nous serviront pour construire un avenir meilleur.

L’Église veut entendre notre voix et nous devons nous engager pour marcher ensemble dans ce processus de transformation que le Pape François nous propose.

Il y a quelques siècles, Saint François d’Assise a été choisi par Dieu pour reconstruire son Église, et il ne s’est pas dérobé. Aujourd’hui le Pape François a été choisi par Dieu pour relever l’Église et il demande notre aide. Allons-nous nous dérober ou allons-nous l’aider ?

Bonne semaine

P. Germán le 14 novembre 2021

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