• stsebastianfrgerma

23º Dimanche du temps de l’Église A LA, 6 septembre 2020

1ère lecture : du Livre d’Ezéquiel 33,7-9

Ps : 94(95) 1-2.6-7.8-9

2ème lecture : de la lettre de Saint Paul aux Romains 13,8-10

Évangile : selon St Matthieu 18,15-20

Chers frères et sœurs, les lectures d'aujourd'hui peuvent se résumer par une image liée aux débats ou tensions que nous traversons actuellement. Avec la pandémie, nous sommes tous invités à porter un masque en public. Certains d'entre nous peuvent penser que le masque sert à se protéger afin de ne pas être infecté. Mais, ce n'est pas le cas. Le but du port d'un masque est de protéger les personnes qui nous entourent. En d'autres termes, il ne s'agit pas de nous, mais des autres. [Cette tension est courante dans nos vies humaines. Très souvent, nous supposons que les choses sont façonnées selon notre propre perspective. Par exemple, nous supposons que parce que nous sommes des êtres humains, nous savons ce qu’est la vie humaine, alors que pour de nombreux chrétiens, dans les premiers temps de l'Église, la véritable image de ce qu’est être homme était le Christ, parce qu'il était un humain pleinement uni à Dieu le Père dans sa vie de tous les jours. Et nous tous, en tant que frères et sœurs du Christ, nous sommes invités à devenir des hommes et des femmes comme le Christ l'est, en pleine relation avec Dieu].

Ce type d'hypothèse selon laquelle nous connaissons les choses en fonction de notre perspective est également vrai concernant l'amour. Parfois, nous pensons l'amour en fonction de notre propre expérience. Nous pensons que nous savons tout sur l'amour parce que nous le comprenons en fonction de nos sentiments subjectifs, qu'il s'agisse de l'amour dans une famille entre parents et enfants, de l'amour dans un couple ou de l'amour dans une communauté.

Le problème si nous en restons uniquement sur nos sentiments, c'est que cela peut nous faire glisser vers une conception de l'amour comme l’amour des poissons : J'aime les poissons, donc je les mange. J'aime les gens ou les activités qui répondent à mes besoins, donc je les assimile. Ce type d'amour tend à absorber la distance entre soi-même et l'objet de mon amour, sans respecter une forme d'altérité. Ici, je ne veux pas trop critiquer ce type d'amour. Cela peut-être une phase, nécessaire, dans une dynamique de développement de soi: dans l'Évangile, nous avons aussi l'invitation à aimer nos frères et sœurs comme soi-même, ce qui implique que nous devons apprendre à prendre soin de nos besoins aussi. Et nous savons tous que lorsque nos besoins d'être aimés et reconnus en tant que personne ne sont pas satisfaits, il est beaucoup plus difficile de s'ouvrir aux autres.

Par conséquent, la perspective des lectures d'aujourd'hui est de nous remettre en question une attitude qui consiste à se contenter de l’amour type poisson. Elles nous invitent à franchir une étape supplémentaire. Ces lectures développent l'idée que l'amour est un appel à agir avec responsabilité. Et que ce soit en tant que parents, couple ou membres d'une communauté, vous avez certainement vécu cette transformation d'une façon d'aimer : de la prise en charge de ses propres besoins à une action responsable. Dans la première lecture, nous pouvons écouter Dieu dire: Je te tiendrai pour responsable de la mort du méchant si tu ne parles pas pour le dissuader de suivre sa voie. En d'autres termes, Dieu nous invite à aller au-delà de nous-mêmes et de nos propres besoins, et à répondre pour la vie des autres. Cet appel prend une autre tournure dans la lettre aux Romains. La lettre aux Romains a été écrite par Paul à la fin de sa vie. Elle est dite “aux Romains” parce que cette lettre a été envoyée à Rome à une communauté de chrétiens qui étaient en majorité d'origine juive. Les Romains à qui Paul écrit étaient des juifs qui venaient de se convertir à la foi chrétienne, et beaucoup d'entre eux étaient encore en lutte avec la tradition juive de la Loi. Dans cette lettre, Paul tente de convaincre les Juifs que le salut est désormais offert par le Christ et non par la Loi. Mais, cela ne signifie pas que la Loi est inutile. La Loi est une structure donnée par Dieu qui aide son peuple à être responsable, ou dans la perspective de la Bible, à être capable d'aimer: L'amour ne fait pas de mal au prochain; par conséquent, l'amour est l'accomplissement de la loi. Dans l'Ancien Testament, la Loi est un don de Dieu donné au Sinaï, pour aider les gens à être responsables les uns des autres en tant qu'expression de leur amour pour Dieu. Le seul problème avec la loi, c'est quand nous l'utilisons pour se justifier. Et lorsque nous utilisons la Loi pour prouver que nous avons raison, nous oublions la dynamique de la relation avec Dieu qui nous invite à être responsables des autres, comme Dieu se sent responsable de nous. Cette invitation à être responsable les uns des autres, comme Dieu est responsable de nous (répond de nous), est rappelée dans l'Évangile. Il s'agit d'être capable de répondre à un appel. Cet appel est un appel à l'amour qui, dans la perspective de l'Évangile, signifie agir avec responsabilité envers ses frères et sœurs. Cela montre aussi la façon dont Dieu aime: son amour s'exprime à travers la responsabilité qu'il assume pour son peuple tout au long de l'histoire. C'était vrai au temps d'Ezéchiel, de Paul, et c'est encore vrai aujourd'hui. Même en temps de pandémie, Dieu ne renonce pas à son peuple, tout comme il nous invite à ne jamais abandonner nos frères et sœurs. P. Y.V.

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