5ème Dim de Carême Année C Newport Beach/Los Angeles, le 6/7 avril 2019

posted Apr 3, 2019, 5:42 PM by German Sanchez

5ème  Dim de Carême Année C

Newport Beach/Los Angeles, le 6/7  avril  2019

1ère lecture : livre d’Isaïe 43,16-21

Psaume : 125(126) 1-2.2-3.4-5.6

2ème lecture: lettre de St Paul aux Philippiens 3,8-14

Evangile: Saint Jean 8,1-11

En ce dernier dimanche avant la Semaine Sainte, l’Église nous propose l’Évangile de la femme prise en flagrant délit d’adultère et accueillie par Jésus avec ses belles paroles : « Je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ».

J’ai l’impression que pour bien nous préparer à célébrer la Passion, Mort et Résurrection de Jésus, nous devons nous engager aujourd’hui à ne plus juger nos frères et sœurs, à ne pas condamner les autres mais à les aimer et à les aider à vivre en paix.

Au début de son pontificat, le Pape François avait répondu à une question d’un journaliste : Qui suis-je pour juger ?

Juger et condamner les autres sont un des plus grand péchés ou erreurs que malheureusement nous faisons souvent.

Nous jugeons et condamnons les autres pour justifier nos erreurs ou pour nourrir notre hypocrisie. Nous sommes comme la personne que nous jugeons ou nous sommes pires qu’elle mais nous nous débrouillons bien pour que personne ne le sache.

En jugeant ou condamnant les autres nous voulons faire croire que nous sommes meilleurs que les autres et que nous avons le droit de montrer aux autres le bon chemin.

Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivé quand j’étais jeune prêtre.

J’étais aumônier d’une prison et tous les dimanches matin j’allais célébrer la messe pour les détenus. Tous les dimanches je célébrais une messe à la prison et une autre à la paroisse.

Un jour, une dame de la « bonne société » m’a interpellé en public d’une façon forte et assez agressive : « Père, vous ne devez plus aller dans la prison tous les dimanches. Vous pouvez célébrer une autre messe à la paroisse et passer un peu plus du temps avec vos paroissiens. Vous perdez votre temps avec ces gens-là. S’ils sont en prison c’est parce qu’ils l’ont bien mérité. Ils ont fait quelque chose contre la loi et contre la société, ils doivent payer. Laissez-les là-bas et occupez-vous plus tôt des gens bien qui sont à l’extérieur et qui ont besoin du prêtre ».

J’ai été choqué par ces paroles et j’ai justifié mes visites en utilisant un passage de l’Évangile dans lequel Jésus dit : « je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades. » Lc 5,31b-32

Un samedi après-midi, trois semaines plus tard, cette dame que je ne connaissais pas bien m’a téléphoné. Elle pleurait et dans son désespoir elle dit : « Père, mon fils a été pris hier soir dans une affaire de drogues et il est en prison. Le juge dit que je ne peux pas lui rendre visite avant quelques jours. Pouvez-vous aller le voir ? Il a besoin de votre conseil, de votre prière et de quelqu’un qui lui dise que nous allons l’aider pour qu’il revienne sur le bon chemin. »

Je lui ai répondu que j’allais le voir le lendemain, dimanche lors de la messe dans la prison.

Conclusion. Ne jugeons pas et nous ne serons pas jugés. Soyons miséricordieux et nous obtiendrons miséricorde.

Que celui ou celle d’entre vous qui est sans péché jette la première pierre pour dire qu’il ou elle peut juger et condamner les autres.

Aujourd’hui les autres ont besoin de notre aide, demain nous aurons besoin de l’aide des autres.

Dieu nous aime. Aimons-nous les uns les autres comme il nous aime. Arrêtons de juger et condamner les autres pour vivre fraternellement.

Amen. P Germán
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