Nouvelles‎ > ‎

Benoit XVI et la polemique du preservatif (KTO/Zenit)

posted Mar 21, 2009, 10:02 AM by German Sanchez

 Ne digérez pas ce qui est prémâché par les médias! Faites l'expérience...

Etape numéro 1 : lisez cette phrase, source du lynchage mondial   

« (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. »

Etape numéro 2 : lisez l’ensemble du texte suivant (question et réponse   de la conf. de presse de B XVI dans l'avion)

Philippe Visseyrias, France 2 : Saint-Père, parmi les nombreux maux dont souffre l’Afrique, il y a en particulier la propagation du sida. La position de l’Eglise catholique sur les moyens de lutter contre  le sida est souvent considérée irréaliste et inefficace. Allez-vous aborder ce thème durant votre voyage ?

Benoît XVI : Je dirais le contraire. Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’ Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les sœurs qui sont au service  des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème.

On ne peut trouver la
solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement, donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

Verbatim des déclarations de Benoît XVI lors de la conférence de presse dans l’avion vers l’Afrique

Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

 Etape numéro 3 : répondez aux questions suivantes

. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après l’étape 1 et après l’étape 2 ?

 

 Etape numéro 4

Sachant que :

- L’Eglise catholique est l’une des institutions internationales qui a le plus d’expérience de la réalité du Sida sur le terrain, parce que 26    % des malades du Sida dans le monde sont pris en charge par des institutions catholiques.

- L’homme qui s’exprime ici n’est pas un hurluberlu un peu simplet, mais un homme de   très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte humaine et la  question du Sida.

Répondez à la question suivante :

Les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un minimum de considération et de réflexion ?

 


... et encore :


 

Le  président du Burkina Faso Blaise Compaoré :

Vous présidez personnellement le Comité national de lutte contre le sida. Pourquoi ?
C'est un engagement moral quand on est responsable d'une communauté de 12 millions de personnes. En Afrique de l'Ouest, le sida menace la vie de millions d'hommes et de femmes. Son impact sur la société est considérable. Le chef de l'Etat doit être à l'avant-garde. Le Burkina a développé un cadre stratégique classique avec les éléments clés de la lutte contre le sida : la prévention, le suivi épidémiologique, et la prise en charge des malades. Nous commençons à enregistrer des résultats - le taux de prévalence est passé de 7% en 1997 à 4% en 2003. [...]
Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister . On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...] Les Européens n'éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n'avons pas le temps. [...]
Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien . Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. Les Français aiment la polémique, c'est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l'Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n'ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l'imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l'ambition d'affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c'est passer à côté du problème du sida. [...]
Beaucoup de gens ignorent le travail de l'Eglise en Afrique . En France, l'intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l'Eglise est d'abord synonyme d'écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n'est pas théorique, il est pratiq ue . L'Eglise apporte sa contribution. Si l'abstinence est un moyen de prévention, nous n'allons pas nous en priver ! [...] L'Eglise n'a pas le monopole de l'abstinence ! En tant que chef de l'Etat, j'ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne "C'est ma vie". L'objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités. Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l'abstinence : "J'ai décidé de m'abstenir de tout rapport sexuel quand mon mari (ma femme) est absent(e)", et "J'ai décidé de m'abstenir de toute relation sexuelle jusqu'au mariage"." 


  ! Mgr Slattery, de Tzaneen, en Afrique du Sud, présente  (http://www.zenit.org/article-17020?l=french
l
e documentaire intitulé «Semer dans les larmes», qu'il vient de réaliser avec le producteur Norman Servais, sur l'épidémie du SIDA dans son pays. Ce documentaire vient de gagner le «Grand Prix» au 22ème festival international multimédia catholique «Niepokalanow 2007» :

"En dépit de la promotion qui est faite dans les écoles pour le préservatif, il y a un taux de grossesse élevé parmi les filles en âge scolaire, parfois jusqu'à 20%".
Mgr Slattery explique que les avantages économiques d'une telle situation sont réels, l'industrie du préservatif étant une industrie multimillionnaire.
"L'Afrique du Sud et les pays voisins du Botswana et du Swaziland ont les taux d'infection les plus élevés au monde et les taux de distribution de préservatifs également les plus élevés. [...] la conclusion est évidente : plus de préservatifs signifient plus de cas de SIDA et plus de morts [...] il est bien sûr ‘politiquement incorrect' aussi bien ici que dans le monde occidental, d'envisager l'éventualité que le préservatif puisse en réalité alimenter cette maladie mortelle au lieu de la freiner".
L'objectif de l'Eglise dans le pays est de «lever le voile du secret sur le SIDA et d'inciter les gens à en parler ouvertement».
"On leur fait croire qu'il n'y a pas de véritable crise. Ils voient que beaucoup de jeunes meurent mais on leur dit qu'ils attrapent le SIDA parce qu'ils n'utilisent pas le préservatif correctement. Derrière tout cela il y a une croyance largement répandue selon laquelle les personnes qui meurent du SIDA ont été ensorcelées".
" L'Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l'épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l'élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l'abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles ".
Mgr Slattery précise que des rumeurs sur le rôle de l'abstinence et de la fidélité pour combattre le SIDA, circulent au sein du gouvernement d'Afrique du Sud.


Les évêques africains défendent le pape

" Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir . Dans des pays comme les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida [...] Nous ne pouvons pas promouvoir l’utilisation du préservatif, mais prêcher les valeurs morales qui, pour nous, demeurent valables, afin d’aider nos populations à se prémunir du sida : l’abstinence et la fidélité".  (vidéo en ligne http://www.ktotv.com/
Mgr Simon Ntamwana, archevêque de Gitega au Burundi, a dénoncé «le glissement de pensée» de l’Occident et son «hédonisme sexuel devenu comme un chemin incontournable ». 
"Ce n’est pas le préservatif qui va diminuer le nombre d’infections du sida, mais certainement une discipline que chacun doit s’imposer pour pouvoir changer d’attitude, une attitude qui va l’aider à échapper à un hédonisme qu’il ne peut plus contrôler".
Pour sa part, l’archevêque de Kinshasa (RDC), Mgr Laurent Monsengwo, a expliqué que le préservatif
"aggrave le problème car il donne une fausse sécurité, une sécurité qui n’en est pas toujours une".


Des chiffres éloquents (source OMS), comparant la progression du SIDA dans les pays africains selon leur religion principale entre 1991 et 2001. Les pays catholiques étaient en moyenne plus touchés que les autres en 1991, et le sont moins en 2001.   Catholiques ou pas, les pays d'Afrique touchés par cette immense tragédie méritent que cesse l'instrumentalisation qui est faite de leur souffrance par des groupes subversifs. 

 


 

Voici donc en 2 colonnes ces quelques données édifiantes sur le SIDA en Afrique Sub-saharienne et les religions.


 

En 1991, le virus ne s'est pas développé dans une zone religieuse particulière. Les catholiques ont même été au centre du foyer de l'épidémie : le Congo, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda occupent les dernières places


 

 


 

En 2001, après 10 ans de prévention dans ces pays (et la fameuse "irresponsabilité" de l'Eglise catholique), le classement n'est plus le même et se passe de commentaire…


 

 


 

PAYS / RELIGION PRINCIPALE %/  infection

en 1991

 

en 2001


 

Guinée Equatoriale Catholique 0,34

 

Guinée Equatoriale Catholique 3,4


 

 

 

 

 

 

 


 

Lesotho Protestant 0,35

 

 

Gabon Catholique 3,63


 

 

 

 

 

 

 


 

Afrique du Sud Protestant 0,81

 

R.D.Congo Catholique 4,9


 

 

 

 

 

 

 


 

Mozambique Animiste 1

 

 

Ouganda Catholique 5


 

 

 

 

 

 

 


 

Angola Catholique 1,1

 

 

Angola Catholique 5,5


 

 

 

 

 

 

 


 

Cameroun Animiste 1,34

 

 

Congo Catholique 7,2


 

 

 

 

 

 

 


 

Namibie Protestant 1,62

 

 

Tanzanie Catholique 7,8


 

 

 

 

 

 

 


 

Gabon Catholique 1,86

 

 

Burundi Catholique 8,3


 

 

 

 

 

 

 


 

Swaziland Animiste 2,13

 

 

Rwanda Catholique 8,9


 

 

 

 

 

 

 


 

Tanzanie Catholique 4,16

 

 

Cameroun Animiste 11,8


 

 

 

 

 

 

 


 

Kenya Protestant 4,49

 

 

Centrafrique Animiste 12,9


 

 

 

 

 

 

 


 

R.D.Congo Catholique 4,57

 

Mozambique Animiste 13


 

 

 

 

 

 

 


 

Botswana Animiste 5,13

 

 

Kenya Protestant 15


 

 

 

 

 

 

 


 

Centrafrique Animiste 6,18

 

Malawi Protestant 15


 

 

 

 

 

 

 


 

Congo Catholique 6,39

 

 

Afrique du Sud Protestant 20,1


 

 

 

 

 

 

 


 

Rwanda Catholique 7,36

 

 

Zambie Musulman 21,5


 

 

 

 

 

 

 


 

Malawi Protestant 7,74

 

 

Namibie Protestant 22,5


 

 

 

 

 

 

 


 

Burundi Catholique 9,86

 

Lesotho Protestant 31


 

 

 

 

 

 

 


 

Ouganda Catholique 12,87

 

Swaziland Animiste 33,4


 

 

 

 

 

 

 


 

Zimbabwe Animiste 13,25

 

Zimbabwe Animiste 33,7


 

 

 

 

 

 

 


 

Zambie Musulman 13,47

 

 

Botswana Animiste 38,8


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Benoît XVI et le Sida

Le site Evangile Vitae   a répertorié toutes les déclarations du Pape sur ce fléau depuis le début de son pontificat ( http://www.evangelium-vitae.org/citations/citation.php?num_citation=159 ) :

"10 juin 2005 - A des Evêques d’Afrique en Visite Ad Limina
Chers frères Evêques, je partage votre profonde préoccupation pour les ravages causés par le virus du SIDA et par les maladies qui y sont liées. Je prie en particulier pour les veuves, pour les orphelins, pour les jeunes mères et pour les personnes dont la vie a été détruite par cette cruelle épidémie. Je vous exhorte à poursuivre vos efforts pour combattre ce virus qui non seulement est meurtrier, mais menace sérieusement la stabilité économique et sociale du continent. L'Eglise catholique a toujours été en première ligne dans la prévention et dans le soin de cette maladie. L'enseignement traditionnel de l'Eglise a démontré être la seule façon intrinsèquement sûre pour prévenir la diffusion du SIDA. C'est pourquoi "l'affection, la joie, le bonheur et la paix apportés par le mariage chrétien et la fidélité, ainsi que la sécurité que donne la chasteté, doivent être continuellement présentés aux fidèles, spéc! ialement aux jeunes" (
Ecclesia in Africa, n. 116).

29 septembre 2006 – Aux Evêques du Malawi en Visite Ad Limina
La diffusion du SIDA augmente en raison de l'incapacité à rester fidèles à un unique partenaire dans le mariage ou à pratiquer l'abstinence; … Ne cessez jamais de proclamer la vérité, et insistez sur celle-ci "à temps et à contretemps" (2 Tm 4, 2) car "la vérité vous libérera" (Jn 8, 32). [...].
14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur du Lésotho
La plaie du SIDA, qui frappe plusieurs millions de personnes … a apporté d'indicibles souffrances …. Soyez assuré de la profonde préoccupation de l'Eglise catholique en vue de faire tout son possible pour soulager toutes les personnes frappées par cette cruelle maladie, ainsi que leurs familles. Dans les visages des personnes malades et mourantes, les chrétiens reconnaissent le visage du Christ, et c'est lui que nous servons lorsque nous apportons notre aide et notre réconfort aux personnes qui souffrent (cf. Mt 25, 31-40). Dans le même temps, il est d'une importance vitale de transmettre le message selon lequel la fidélité au sein du mariage et l'abstinence en dehors du mariage sont les meilleurs moyens d'éviter l'infection et de mettre un terme à la diffusion du virus. En effet! , les valeurs qui découlent d'une compréhension authentique du mariage et de la vie de famille constituent la seule base sûre pour une société stable.
14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur d'Ouganda
La collaboration entre l'Eglise et la société civile a produit de nombreux fruits bénis en Ouganda, en particulier … dans la lutte contre le HIV/SIDA, où les statistiques confirment la valeur concrète d'une politique de prévention fondée sur l'abstinence et la promotion de la fidélité au sein du mariage. Je souhaite sincèrement que le peuple d'Ouganda continue à recevoir des bénéfices croissants de ce soutien.
14 décembre 2006 - Au nouvel Ambassadeur du Mozambique
Parmi les différentes œuvres de charité dans lesquelles l’Eglise est engagée, figurent l'assistance aux orphelins, dont le nombre augmente en raison de la tragédie du SIDA.
7 septembre 2007 – Rencontre avec les Diplomates, à Vienne, en Autriche
[...] L’Union européenne devrait par conséquent jouer un rôle de meneur dans la lutte contre la pauvreté dans le monde, et dans l’engagement en faveur de la paix. Nous pouvons constater avec gratitude que les pays européens et l’Union européenne sont parmi ceux qui contribuent le plus au développement international, mais ils devraient aussi faire valoir leur importance politique face, par exemple, aux très urgents défis portés par l’Afrique, aux horribles tragédies de ce continent telles que le fléau du SIDA."

Comments