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Message du P. Germán le 28 octobre 2018 Synode sur la jeunesse

posted Oct 26, 2018, 6:46 PM by German Sanchez

Message du P. Germán

Synode sur la jeunesse

Du 3 au 28 octobre 2018 a eu lieu à Rome le Synode des évêques du monde entier avec le Pape François et quelques invités spéciaux ainsi que des jeunes représentant la jeunesse d’aujourd’hui. Le thème choisi était : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ».

Le Pape, les évêques et l’Église universelle se sont mis à l’écoute des jeunes du monde entier.

On s’est posé la question : Que veulent les jeunes d’aujourd’hui et surtout, que cherchent-ils dans l’Église ? « En premier lieu, ils désirent une «Église authentique », qui puisse briller par «exemplarité, co-responsabilité et solidité culturelle». Une Église qui partage «leur situation de vie à la lumière de l’Évangile plutôt que faire des prédications». Une Église qui soit «transparente, accueillante, honnête, attrayante, communicative, accessible, joyeuse et interactive». En somme : « une Église moins institutionnelle, et plus relationnelle, capable d’accueillir sans juger préalablement, amie et proche, accueillante et miséricordieuse ».

Tolérance zéro contre les abus.

Mais il y en a aussi qui ne demandent rien à l’Église ou qui veulent être laissés en paix, en la considérant comme un interlocuteur non significatif ou comme une présence «fatigante ou irritante». Et il y a une raison dans cette attitude critique : les scandales sexuels et économiques, sur lesquels les jeunes demandent à l’Église de «renforcer sa politique de tolérance zéro contre les abus sexuels à l’intérieur de ses propres institutions», le manque de préparation des ministres ordonnés qui ne comprennent pas la sensibilité des jeunes, et la difficulté de l’Église elle-même à «rendre raison de ses propres positions doctrinales et éthiques face à la société contemporaine».

Le document de travail fait émerger sept paroles-clés :

1. Écoute :

les jeunes veulent être écoutés avec empathie, justement «là où ils se trouvent, en partageant leur existence quotidienne» ; ils désirent que leurs opinions soient prises en considération, en cherchant à se sentir comme une partie active de la vie de l’Église, sujets et non simples objets de l’évangélisation. Tous les jeunes veulent être écoutés, sans qu’il y ait d’exclu. «L’écoute est la première forme de langage vrai et audacieux que les jeunes demandent à haute voix à l’Église», car là où sont offerts «écoute, accueil et témoignage dans un mode créatif et dynamique, naissent les syntonies et sympathies» fructueuses.

2. Accompagnement :

spirituel, psychologique, de formation, familial, vocationnel… Dans chacune de ces formes, l’accompagnement est fondamental pour les jeunes. Il ne s’agit pas ici de quelque chose d’optionnel «par rapport au devoir d’éduquer et d’évangéliser les jeunes, mais c’est un devoir ecclésial et un droit de chaque jeune», et il sert à former les consciences et la liberté, à cultiver les rêves et à entreprendre «des pas concrets dans les sentiers de la vie». Le rôle de la famille est donc central. Elle «continue à représenter un moment privilégié dans le processus de développement intégral de la personne». La figure paternelle, dont «l’absence ou l’évanescence» produit des  «ambiguïtés et des vides»,  nécessite d’être au centre de la réflexion. Les écoles et les communautés chrétiennes ont le devoir de faire en sorte que les jeunes ne se sentent pas seuls, écartés, abandonnés dans leur parcours de croissance.

3. Conversion :

il y a différents sens donnés à ce mot dans le document synodal, qui évoque notamment le drame vécu par des jeunes chrétiens qui «représentent une minorité exposée à la violence et à la pression de la majorité qui réclame leur conversion», mais il y a aussi, dans un sens inverse, la demande d’une «conversion systémique» dans le domaine éducatif, afin que toutes les structures de formation et leurs membres investissent plus dans leur «formation intégrale», de façon à «ne pas transmettre seulement des contenus», mais à être aussi des «témoins de maturité humaine», de façon à «rendre les jeunes sujets et protagonistes de leur vie».

La «conversion écologique» est centrale aussi : les jeunes sont très sensibles à l’écologie et leur apport est indispensable pour avoir un changement durable dans le style de vie de chacun. Il y a enfin l’appel à une «nécessaire et courageuse conversion culturelle de l’Église», afin qu’elle sache  «reconnaître»  et «encourager »  la créativité « unique et nécessaire» de la vie consacrée, «un lieu spécifique et expression du génie féminin».

4. Discernement :

Parmi les paroles les plus présentes dans le document, le discernement est compris comme le style d’une Église « en sortie », pour répondre aux exigences des jeunes : «je me trouve maintenant comme face à un mur, celui de donner un sens profond à ma vie. Je pense avoir besoin de discernement face à ce vide», écrit un jeune homme. Le discernement apporte une «dynamique spirituelle» pour  «reconnaître et accueillir la volonté de Dieu dans le concret» des situations individuelles, et il doit être offert aux jeunes générations comme un «instrument de lutte» qui les rende «capables de reconnaître les temps de Dieu» pour «ne pas gaspiller» ses inspirations. Il s’agit à la fois d’un don et d’un risque, car il n’est pas exempt d’un risque d’erreurs, mais il permet de sensibiliser aux prises de décisions qui engagent. Dans le domaine vocationnel particulièrement, il faut s’entourer de personnes compétentes et de «structures d’animation adéquates, efficientes et efficaces, attractives et lumineuses pour leur style relationnel et les dynamiques fraternelles qu’elles génèrent».

5. Les défis :

les discriminations religieuses, le racisme, la précarité professionnelle, la pauvreté, la toxicodépendance, l’alcoolisme, le harcèlement, l’exploitation sexuelle, la pédopornographie, la corruption, les difficultés d’accès aux études, la solitude, la migration forcée, la traite d’humains, et beaucoup d’autres dont les défis que les jeunes doivent affronter aujourd’hui sont innombrables. Beaucoup sont générés par des phénomènes d’exclusion, par la «culture du déchet» et par un usage inapproprié des nouvelles technologies, qui peuvent s’avérer particulièrement dangereuses à travers notamment le phénomène du “dark web”.

Le document insiste aussi sur la question des jeunes migrants, souvent victimes de la traite. Le document synodal demande «de mettre en œuvre des parcours de protection juridique de leur dignité et en même temps de promouvoir des chemins d’intégration dans la société dans laquelle ils arrivent». Toute la pastorale, notamment vis-à-vis des jeunes, doit donc « éviter toute forme de ghettoïsation et promouvoir de réelles occasions de rencontres ».

Heureusement, il existe aussi des défis positifs. La musique, avec sa valeur socialisante ; le sport, qui dans le domaine de la saine compétition, permet de découvrir le soin et la discipline du corps, le travail d’équipe, le respect des règles et l’esprit de sacrifice ; l’amitié entre camarades, un véritable «instrument d’émancipation du contexte familial, de consolidation de l’identité et de développement des compétences relationnelles» de chacun.

6. Vocation :

dans ce domaine, le document synodal met en lumière une difficulté objective. Souvent, les jeunes ont «une vision réductrice» du terme «vocation», ce qui crée «un fort préjugé» car la pastorale vocationnelle est vue comme «une activité vouée exclusivement au recrutement de prêtres et de religieux». Il faut donc élargir les perspectives car chaque jeune a une vocation qu’il peut exprimer dans différents domaines, la famille, l’étude, la profession, la politique, en devenant le «cœur de l’intégration de toutes les dimensions de la personne» : ses talents naturels, les compétences acquises, les succès et les échecs que «chaque histoire personnelle contient»«la capacité d’entrer en relation et d’aimer», la prise de responsabilité «à l’intérieur d’un peuple et d’une société».

Sur la question spécifique des vocations sacerdotales, l’Église est appelée à réfléchir. «Sa préoccupation face à la diminution du nombre de candidats est indéniable», est-il écrit dans ce document. «Cela rend nécessaire une réflexion renouvelée sur la vocation au ministère ordonné et sur une pastorale vocationnelle qui sache faire sentir l’appel de Jésus à devenir pasteurs de son troupeau.»

7. Sainteté :

le document synodal se conclut avec une réflexion sur la sainteté, puisque «la jeunesse est un temps pour la sainteté» et elle est proposée comme un «horizon accessible à tous les jeunes»«Tous les saints ont été jeunes» : le récit de leur vie doit donc permettre aux jeunes d’aujourd’hui de «cultiver l’espérance», comme l’écrit le Pape François dans la prière finale du document, afin que les jeunes «avec courage, prennent leur vie en main, regardent vers les choses les plus belles et les plus profondes et conservent toujours un cœur libre».

 Maintenant nous attendons le document final du Synode qui sera signé par le Pape François. Je suis sûr que l’Esprit Saint va souffler sur nos communautés pour que ce Synode ouvre le cœur de beaucoup de jeunes et les aide à s’engager dans la vie de l’Église.

Bonne semaine.

P. Germán L.A. le 28 octobre 2018  
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