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Message du P. Germán le 25 March 2012

posted Mar 23, 2012, 5:11 PM by German Sanchez

Message du P. Germán

La semaine du 25 au 31 mars va être une semaine différente pour notre paroisse.

Le mercredi 28 mars nous allons accueillir frère Emmanuel de la communauté œcuménique de Taizé qui sera avec nous jusqu’au mardi 2 avril.

Le programme des activités et des prières est disponible en ce bulletin et dans tous les journaux et medias de l’archidiocèse. Ne ratez pas cette occasion unique de découvrir la valeur de la prière, la beauté de la vie en communauté et l’amour de Dieu.

Pour vous aider à vous préparer aux rencontres et à la prière avec frère Emmanuel, je vous livre des extraits d’un article d’un des frères de Taizé sur la prière :

« Un des frères réfléchit à la participation des jeunes à la prière ; il souligne trois dimensions de la prière à Taizé qui lui paraissent faire écho à la recherche des jeunes.

Trois fois par jour, tout s’arrête sur la colline de Taizé : le travail, les études bibliques, les échanges. Les cloches appellent à l’église pour prier.

Des centaines, parfois des milliers de jeunes de pays très divers à travers le monde, prient et chantent avec les frères de la communauté.

Des chants brefs, repris longuement, qui en peu de mots, disent une réalité fondamentale, rapidement saisie par l’intelligence. Puis la Bible est lue en plusieurs langues. Au centre de chaque prière commune, un long temps de silence est un moment unique de rencontre avec Dieu.

Nous, les frères, sommes souvent impressionnés par la capacité qu’ont les jeunes de rester dans notre église parfois des heures durant en silence ou soutenus par le chant méditatif. Les jeunes sont parfois tout aussi étonnés d’eux-mêmes en découvrant combien ils ont prié à Taizé. Quand on demande aux groupes que nous rencontrons à la fin de leur séjour ce qui les a le plus marqué, la réponse est rapide, sans hésitation : « la prière ! » Et pourtant combien ceux qui parlent avec tellement d’enthousiasme de leur expérience de prière semblent à première vue peu « experts ». Cela n’en est que plus touchant.

Nous mêmes, encore une fois, restons dans l’étonnement face à cela. Qu’est ce qui permet aux jeunes de se rendre vraiment disponibles à un dialogue intérieur dans la prière ? Comment arrivons-nous à leur faire découvrir que, même sans savoir prier, même sans savoir quoi demander ou quoi attendre, Dieu dépose déjà en nous l’attente d’une communion ?

Sans pouvoir vraiment répondre, je peux néanmoins souligner trois dimensions de la prière à Taizé qui me paraissent faire écho à la recherche des jeunes : une prière accessible, une prière méditative, une prière du cœur.

Une prière accessible

La prière de la communauté s’est beaucoup modifiée au fil du temps, est allée toujours plus vers une simplification. Frère Roger a été constamment attentif à ce que rien dans la prière commune ne paraisse inaccessible.

Pour lui, lire un texte trop long ou trop compliqué par son vocabulaire pouvait rendre opaque cette relation d’amour que la présence de l’Esprit Saint offre dans la prière.

De cette exigence là, du souci de rendre l’expérience intérieure accessible à un grand nombre vient cette manière de prier avec des chants simples et méditatifs. Non pas que tout ait été adapté pour les jeunes.

En un sens, les chants de Taizé ne sont pas en soi des chants écrits sur une musique de jeunes. Je crois nos chants profondément enracinés dans la tradition monastique. De par leur vocabulaire qui est celui des Psaumes, celui de la longue tradition de prière chantée qui commence dans les toutes premières assemblées d’Israël. De par leur caractère méditatif, et même répétitif. Au fond, la communauté a commencé à chanter les psaumes et elle continue encore aujourd’hui.

Mais plutôt que de chanter tout le psaume, nous restons sur un verset, nous le méditons ensemble, nous le laissons résonner et trouver en nous les expériences qu’il mettra en lumière.

Ce qui touche les jeunes à Taizé, c’est peut-être de sentir que nous nous efforçons de rendre le plus simple possible l’expression de la foi, sans pour autant « aplatir » ou « édulcorer ». Ils sentent de leurs fibres que la prière qui leur est proposée, n’est pas tant la traduction dans leur langue à eux d’une réalité qui leur est étrangère, mais plutôt une invitation à une recherche qui les tire en avant d’eux-mêmes, qui en leur mettant dans la bouche les mots d’un autre âge, les oblige en douceur à se décentrer, à se vider d’eux-mêmes.

Les jeunes sentent cela d’une manière très fine. Ils savent précisément reconnaître les discours remplis d’eux-mêmes et ceux qui créent de l’espace en se vidant des certitudes. Peut-être sentent-ils qu’en tant que communauté, en adaptant notre prière à leur présence, nous avons voulu élargir notre route, élargir à tous l’intimité que nous désirons vivre en Dieu. C’est, dans ce sens-là, si important que le chant soit repris continuellement par tous et pas seulement par des solistes ou des chantres, qui laisseraient seulement le refrain à l’assemblée.

 

Dans le prochain bulletin nous continuerons cette réflexion sur la prière de Taizé.

Bonne marche vers Pâques.

 

P Germán 24 et 25 March 2012
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