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Message du P. Germán 26 novembre 2017 « Vous n’aurez pas ma haine »

posted Nov 30, 2017, 12:44 PM by German Sanchez

Message du P. Germán

« Vous n’aurez pas ma haine »

Je voudrais partager avec vous ce témoignage qui m’a beaucoup marqué.  

Un texte poignant « Vous n’aurez pas ma haine » qui bouleverse le web depuis l’attaque terroriste du Bataclan le 13 novembre 2015.

L’auteur, Antoine Leiris, journaliste à France Bleu a perdu sa femme Hélène dans le carnage du Bataclan le vendredi 13 novembre. S’adressant aux terroristes, il exprime un choix difficile, celui de suivre avec leur fils Melvil de 17 mois le « chemin le plus complexe, le plus long, le plus dur, celui de la réflexion, celui de la raison, celui du pardon »

“Vous n’aurez pas ma haine”

« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur je joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.»

Ce beau texte peut nous aider à comprendre que parfois il est impossible de pardonner et dans ces cas nous devons décider de ne pas vivre dans la haine pour pouvoir vivre en paix.

Bonne semaine.

P. Germán 26 novembre 2017

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