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Message du Careme 1009 Cardinal Mahony

posted Mar 13, 2009, 11:57 AM by German Sanchez

Message du Carême 2009

Cardinal Roger Mahony

Archevêque de Los Angeles

D’après le calendrier, le 25 février 2009 nous célébrons le mercredi des Cendres et nous commençons un nouveau carême.

Mais cette année, nous sommes devant une exception. Pour des milliers de familles, à travers l'archidiocèse de Los Angeles, le carême a commencé réellement en 2007 et nous sommes depuis dans une longue saison de carême prolongé. Dans quel sens ? La période annuelle de carême nous appelle à réfléchir plus profondément sur notre vie avec Dieu, à revoir nos priorités selon l'Évangile, et à augmenter les sacrifices personnels dans notre vie quotidienne.

Avec la récession, jour après jour de l'économie, avec la suppression de milliers d’emplois, avec les personnes incapables de payer leurs emprunts immobiliers allant jusqu’à perdre leur maison, et avec ceux qui vivent dans la crainte du lendemain, nous avons vraiment été sur un long  chemin de carême pendant ces deux dernières années. Ces difficultés incroyables ont chargé nos familles d’un lourd fardeau : des parents qui ont peur de ne pas pouvoir satisfaire les besoins de leurs enfants, l’imprévisible calamité financière nous menace de près, le sentiment terrible de ne pas être loin d’un échec financier complet.

Dans les années précédentes, quand la vie et l’économie étaient plus prévisibles, la signification du carême était dans le choix des sacrifices que nous allions faire pendant ces six semaines, jusqu'au dimanche de Pâques. Et après cela, nous retournions à la vie normale. Mais maintenant nous avons une nouvelle réalité : nous ne choisissons pas nos sacrifices ; cette année, ce sont eux qui nous ont choisis. Et ils ne sont pas simplement pendant six semaines ; ils ont été notre fardeau depuis plus de soixante-quinze semaines maintenant  et nous ne voyons pas de signe de soulagement dans le futur proche.

Cette réalité donne une particularité à ce carême 2009 et nous donne l'occasion de commencer cette saison avec un esprit nouveau et vivifiant.

La plupart des catholiques dans notre archidiocèse n'ont pas besoin de choisir un sacrifice particulier ce carême ; ils ont déjà plus que leur part.

Alors, que ferons-nous de différent cette année ? Laissez-moi vous rappeler l'origine du mot « sacrifice. » Il vient de deux mots latins : sacrum et facere ce qui veut dire « rendre sacré. » Un sacrifice, alors, est l’acceptation d’une réalité difficile habituelle ou nouvelle et la transformation de cette réalité en quelque chose de sacré, en une source d’amour et de grâce de la part de Dieu.

Pour moi personnellement, ce carême signifie l’acceptation de nouvelles et lourdes charges, des difficultés et des souffrances inattendues que je dois affronter sur le chemin de ma vie et de ma foi. Je ne peux pas faire comme si ces poids n’existaient pas, je ne peux pas les dissimuler et continuer à avancer ; agissant ainsi je ne gagne rien. Je dois les identifier et les accepter. Je suis convaincu que je ne peux pas porter tout seul ces fardeaux et je dois « rendre sacré » tout ce qui m’entoure.

Mercredi des Cendres, quand le prêtre nous marquera avec les cendres, il dira: « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Cette année, ces paroles ont une signification bien plus profonde pour moi.

« Convertis-toi », pour moi, sera laisser de côté ma fierté et mon esprit d'autosuffisance, pour reconnaitre que le seul chemin dans la vie est l’acceptation humble de tout ce qui m’entoure et pour découvrir que Dieu est plus proche de moi quand je me sens seul, abandonné et faible que quand il y a peu de défis.

« Croire à l’Évangile » signifiera écouter quotidiennement chaque évangile de carême, pour entrer dans les nombreuses réalités que Jésus a rencontrées, pour marcher à côté de lui quand il a dû affronter l'opposition, le rejet, et l'abandon apparent. Cela veut dire, que je marche avec le fils de Dieu écoutant et observant la façon comment lui fait face à ce qu’il trouve sur sa route et en prenant conscience de sa présence qui m’accompagne à faire face aux difficultés de ma route.

Mais il y a plus que cela. Jésus ne marche jamais seul avec moi ; Il marche avec nous en tant que famille, en tant que communauté : « Où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Mt. 18:20).

Je me propose d’offrir, chaque jour de ce carême 2009, mes prières et sacrifices pour un groupe spécial de disciples de Jésus : les chômeurs, les familles qui ont perdu leur maison, les parents qui craignent qu'ils n'aient pas l'argent nécessaire pour leurs enfants, ceux qui ont perdu leur sécurité sociale, les retraités dont les fonds de retraite ont été sévèrement diminués, et tous ceux qui craignent le lendemain.

Marchons et prions ensemble ces six semaines qui viennent, « rendant sacrés » nos multiples sacrifices !

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